Loading...
Les décors en placage

Fiches > L'ornementation > Les décors en placage

HISTORIQUE :

Les premières traces d'incrustation de bois en Europe remontent à l'empire romain. Plus tard, aux XVème et XVIème siècles, on voit apparaitre certaines formes de marqueterie, mais l'utilisation du placage ne se démocratisera qu'au XVIIème siècle (sous Louis XIV) pour atteindre son apogée au XVIIIème siècle (sous Louis XV & Louis XVI).

Au XVIIème siècle, avec la découverte de nombreux bois exotiques au cours des expéditions maritimes vers l'Afrique et l'Asie, l'utilisation du placage se généralise.
La difficulté et le temps de transport de ces grumes rendent le bois rare et coûteux. C'est donc par souci d'économie (de matière et d'argent), que les menuisiers de l'époque décident de couper des "feuilles" de bois et de les coller sur des bâtis construits avec des bois locaux et moins coûteux (sapin ou chêne).
Les ouvriers qui utilisent cette technique se distinguent alors rapidement des menuisiers classiques. Leur utilisation régulière de placage, notamment d'ébène, leur vaudra le nom de "menuisier en ébène", avant de devenir des "ébénistes".

Les techniques de découpe du placage se perfectionnent au fil du siècle, mais le sciage des grumes continue à se faire à la main jusqu'à la fin du XVIIIème siècle.
Les apprentis ou compagnons, qui passent leurs journées à scier, sont appelés "scieurs à la preffe" (à la presse). Le placage obtenu est d'épaisseur variable, entre 3 et 5mm, et il est nécessaire de replanir les marqueteries au rabot une fois celle-ci plaquées.

Avec la révolution industrielle, on abandonne progressivement le sciage manuel au profit du sciage mécanique.
En 1799, l'apparition de la scie alternative "au bois montant", permet d'obtenir une épaisseur de placage régulière (12/10ème de millimètre) et sans défauts.
La grume est débitée verticalement, en montant, par une scie alternative fixe actionnée par une bielle.

A partir de 1865, la technique du tranchage apparait.
Avant d'être débitées, les grumes de bois doivent être "ramollie" par étuvage (traitement à la vapeur d'eau ou par ébouillantage).
Les feuilles sont ensuite découpées par un couteau qui "tranche" la bille transversalement.
Cette technique, encore utilisée aujourd'hui, permet d'obtenir des feuilles de placage très minces (6/10ème de millimètre) et à moindre coût.
La grume peut être tranchée complétement, sans perte de matière due au "trait de scie". Les feuilles obtenues présentent ainsi un veinage successif sans décalage.

Une variante de cette technique consiste à "dérouler" la grume de bois autour d'un axe.
Le mouvement de rotation de la bille de bois, synchronisé avec l'avancement du couteau qui tranche, permet d'obtenir une feuille de placage continue.
Cette technique est principalement employée pour produire le placage destiné à la fabrication de contreplaqués.

LES DÉCORS EN PLACAGE :

L'apparition du placage dans la décoration du mobilier a exacerbé la créativité des ébénistes.
Il existe deux grandes techniques pour réaliser un décor en placage : le frisage et la marqueterie.
Le frisage est un assemblage de plusieurs feuilles de placage entre elles, suivant un tracé rectiligne (joint), avec un raccordement de leur veinage pour créer un motif décoratif.
Lorsque ces raccords sont en courbes ou suivent un dessin (floral, paysage, etc), on parle alors de marqueterie.

On distingue un très grand nombre de décors possibles :

- Les raccords en fil
- Les frisages à quatre feuilles
- Les frisages à raccords multiples
- Les jeux de fonds ou mosaïques
- Les frises et les filets


Pour réaliser ces frisages, il est nécessaire d'utiliser des feuilles de placage prélevées dans la même bille de bois, les unes à la suite des autres.
Le veinage du bois est l’élément essentiel qui sert à réaliser les figures, que ce soit le simple raccord de deux feuilles ou la constitution d’un jeu de fond plus complexe comprenant plusieurs dizaines ou centaines de pièces.